Les statistiques sont implacables. Année après année, il se confirme que 25% des défaillances d’entreprise constatées chaque année en France sont imputables à des défauts mais aussi à des retards de paiement. D’où l’importance de s’en prémunir, en particulier dans les sociétés les plus fragiles sur le plan de la trésorerie (jeunes entreprises, TPE). Pour cela, deux étapes sont essentielles et, si possible, à franchir avant que n’arrivent les incidents.
Première étape, la prise de conscience du risque client
La première est celle de la prise de conscience. Pour cela, les études chiffrées ne manquent pas et la FIGEC propose par exemple sur son site une infographie qui présente les principaux indicateurs de façon synthétique et très pédagogique.
On en retiendra notamment cette donnée souvent méconnue : 80% des particuliers qui ne payent pas leur factures sont parfaitement solvables. Il s’agit donc ici d’une mauvaise volonté qu’il faut avoir à l’esprit lorsque l’on crée une activité s’adressant au grand public. Mais les entreprises ne sont pas en reste et, même si une partie des retards de paiement découle de difficultés de trésorerie réelles de la part du débiteur, dans 9 cas sur 10, le problème est ailleurs. Il provient soit d’une mauvaise organisation interne du circuit de paiement des factures, qui peut prendre sa source dans l’absence de bons de commande, dans l’absence de dématérialisation des circuits ou encore dans une mauvaise distribution des responsabilités (circuit de signatures, etc). Ou bien d’une mauvaise volonté avérée – mon fournisseur peut bien attendre ! – qui relève de vieux réflexes.
La bonne nouvelle vient de ce que les nouveaux textes réglementaires – loi Macron, Loi Sapin 2 et maintenant loi PACTE – encadrent de mieux en mieux ces dérives et prévoient des sanctions administratives et pécuniaires qui devraient faire évoluer ces comportements. Cela ne doit pas empêcher l’entreprise de s’organiser face au risque client.
Seconde étape, s’organiser en tenant compte des priorités et des moyens
La seconde étape est donc celle de la structuration de la riposte face à ce risque. Car en attendant que les comportements changent, de nombreuses mesures sont nécessaires et possibles. Sans pour autant que l’entreprise, surtout petite, n’ait à engager un spécialiste du recouvrement de créances ou du risque client (Lire notre article "Gérer le risque client, tous concernés dans l’entreprise"). Quatre dispositions sont en particulier faciles à prendre.
1/ Se mettre en conformité avec la loi pour la rédaction de contrats et l’édition des factures
Les mauvais payeurs profitent des éventuelles faiblesses de leurs créanciers sur ce point, pour retarder leurs paiements, voire contester la validité des factures. Pire, en cas de contentieux, ces failles formelles peuvent amener la justice à donner tort au créancier ou, au moins, à lui demander de rééditer ses factures ou le contrat. Ce qui occasionne, au minimum, une perte de temps avant de pouvoir ré-exiger son paiement.