Dynamisme entrepreneurial : quelle situation à fin septembre 2022 ?
Zoom avec notre pôle économique sur le dynamisme entrepreneurial en France métropolitaine. Dans cet article, nous analysons la situation à fin septembre 2022. Créations et disparitions d'entreprise, par secteur et par région... Découvrez les enseignements clés de notre étude.
Une érosion du dynamisme entrepreneurial sur les 12 derniers mois
Le contexte économique et international toujours incertain, bousculé par les crises successives, semble désormais peser sur le dynamisme de la population d’entreprises en France. Les entreprises individuelles représentent 55 % des entrants et des sortants contre 30 % pour les sociétés commerciales. La reprise de 2021 avait donné un coup de fouet à la création d’entreprises avec près de 1 million de nouvelles entités, mais en contrepartie, le nombre de cessations avait explosé de +42 % ; de nombreuses entreprises ayant préféré mettre la clé sous la porte plutôt que finir sur un dépôt de bilan après deux années de crise Covid.
Dans le même temps, le nombre de cessations d’entreprise progresse toujours (+5,4 %), un rythme pour l’heure moins soutenu qu’en 2021. Il en résulte un Indice de Dynamisme Entrepreneurial (IDE) qui passe de 1,7 à 1,5 création pour 1 disparition d’entreprise. Autre indicateur défavorable, celui de la sinistralité : à fin septembre 2022, la part des liquidations dans les disparitions d’entreprise remonte à 5,8 % après trois années consécutives de baisse, notamment du fait des aides et prêts accordés dans le cadre de la politique du « quoi qu’il en coûte ». Néanmoins à fin septembre 2022, les chiffres restent bien en deçà des 11,5 % de sinistralité moyenne des années antérieures.
Des secteurs à la peine
Une poignée de grands secteurs d’activité assure toujours le principal des mouvements d’entreprises. Le Bâtiment & Travaux Publics (BTP), les Services aux entreprises, aux particuliers et les Services collectifs ainsi que la Distribution cumulent à eux cinq 69 % des créations et disparitions d’entreprises sur les 12 derniers mois à fin septembre 2022, dont un quart pour le seul BTP. Certains secteurs d’activité apparaissent en berne, ne renouvelant pas leur population d’entreprises, tels que Agriculture et pêche, activités pour lesquelles les aléas climatiques, les quotas, la hausse des coûts et les pressions sur les marges freinent l’entrée de nouveaux intervenants (-8 %) et poussent de plus en plus de professionnels à cesser leurs activités (+5 % après +11,7 % en 2021).
D’autres secteurs d’activité, s’ils présentent toujours un IDE favorable, connaissent toutefois des évolutions préoccupantes. Ainsi, de fortes baisses du nombre de créations d’entreprise sont enregistrées dans les Transports et la logistique (-43 %), notamment pour les petits intervenants de la livraison à domicile (alimentaire et non alimentaire).
Cette diminution du nombre de créations est également constatée dans la Distribution (-25 %), dans le Bois-Papier-carton-imprimerie ou le Textile-cuir-habillement (-20 %). Pour d’autres secteurs d’activité, la détérioration de l’IDE est due à des volumes de disparitions d’entreprise plus importants comme pour l’Agroalimentaire avec +12,2 % de disparitions, dont 16 % de liquidations judiciaires, les Services aux particuliers avec +16,6 %.
Résistance en région
Si l’érosion générale de l’Indice de Dynamisme Entrepreneurial et la hausse de la sinistralité se constatent aussi sous l’angle régional, toutes les régions métropolitaines parviennent cependant à renouveler leur population d’entreprises. Quatre régions concentrent l’essentiel des mouvements enregistrés : Île-de-France, Auvergne-Rhône Alpes, PACA et Occitanie, soit à elles quatre 58,4 % des créations et 57,2 % des disparitions d’entreprise en Métropole.
L’Île-de-France tire son épingle du jeu en étant la seule région où l’IDE progresse sur les 12 derniers mois à fin septembre 2022, avec 1,8 création pour 1 disparition. A l’opposé, la plus mauvaise performance touche la région PACA avec un indice de 1,2 création pour 1 disparition, sous l’effet cumulé d’une forte évolution des cessations (+19 %) assortie d’une baisse significative de 7 % du nombre de créations d’entreprise.
« La dégradation de la confiance dans les perspectives macroéconomiques impacte les créateurs d’entreprise, inquiets des difficultés d’approvisionnement, de recrutement, de hausse du prix des matières premières, de l’énergie et d’un pouvoir d’achat des ménages mis à mal… »
— Max Jammot, Responsable du Pôle Économique chez Ellisphere
Situation dans les départements d'Outre Mer
Les DOM plus dynamiques
À l’inverse de la Métropole, la population d’entreprises des Départements d’Outre-Mer (DOM) est plus dynamique passant de 1,5 à 1,6 création pour 1 disparition d’entreprise sur les 12 derniers mois à fin septembre 2022. En effet, si le nombre de créations recule de 5 %, le nombre de disparitions d’entreprise diminue très significativement (-11,5 %). Par ailleurs, la part des entreprises individuelles et sociétés commerciales est plus importante (88 %) et équilibrée (45 % tant pour les créations que pour les disparitions d’entreprise). Sur l’ensemble des DOM, la sinistralité est restée basse et stable entre 2020 et 2022, les entreprises bénéficiant encore d’un large soutien étatique.
Côté secteurs d’activité, les Biens d’équipements du foyer, l’Énergie et la Pharmacie n’ont pas réussi à renouveler leur population d’entreprises.
Téléchargez dès maintenant notre étude complète
Notre pôle économique décrypte chaque mois l'actualité des secteurs économiques et vous livre ses enseignements.
DSO interne et DPO client : des indicateurs à prendre en compte dans la gestion du poste client
Risk management
En credit management le DSO « interne » à l’entreprise est un indicateur utile de suivi de recouvrement des créances et d'amélioration de la trésorerie. Tandis que le DPO « client » est un signal de comportement de paiement permettant de savoir si son client honore ses factures dans les temps.
Article
Transport routier de marchandise : une hausse des défaillances significative
Risk management
5 questions à Franck Paquotte chargé d'études économique chez Ellisphere qui nous livre les chiffres du secteur Transport routier de marchandises.
Article
Quelles tendances de la gestion des données en 2023 ?
Risk management
En 2023, la gestion des données occupe une place centrale dans les stratégies des organisations, quels que soient leur taille ou leur secteur d'activité. Avec l'évolution rapide de la technologie et l'explosion des volumes de données, les entreprises reconnaissent de plus en plus la valeur des données en tant que ressource stratégique.